Édito : Flambée des coûts de l’énergie : si on sortait de la politique du pansement ? [Octobre 2021]

Dernière mise à jour : nov. 3


Jeudi 21 octobre, le Premier ministre a annoncé en grande pompe au 20 heures de TF1 le versement d’une « indemnité inflation » (ou « chèque carburant ») de 100 euros alloués aux 38 millions de français gagnant moins de 2 000 euros nets par mois. Une tentative du gouvernement pour répondre aux inquiétudes sur l’augmentation du prix des carburants.


Un coup de pouce certes bienvenu pour beaucoup de foyers français – même s’il existe de nombreux trous dans la raquette – mais qui ne répond pas durablement au problème de la flambée des prix de l’énergie.


Cette annonce arrive d’ailleurs un mois à peine après celle de l’augmentation de 100 euros du chèque énergie pour plus de 5 millions de foyers français face à l’augmentation du prix du gaz et de l’électricité. À cela s’ajoute le gel du prix du gaz – estimé à 1,2 milliards d’euros – et de l’électricité – estimé à 5,9 milliards d’euros.


Gel des tarifs, chèque énergie, indemnité inflation : c’est au total plus de 10 milliards d’euros qui ont été dépensé par le gouvernement en quelque jours sur ce seul sujet énergétique.


Gouverner consiste-t-il à signer des chèques à crédit sans apporter de solutions durables ? À 6 mois de l’élection présidentielle, la question se pose.


Toutes ces mesures sont des réponses à court terme, des pansements qui ne résoudront en rien le problème de fond d’augmentation du coût de l’énergie sur le pouvoir d’achat des ménages. Et si au lieu de dépenser en chèques de toute nature nous prenions enfin les décisions qui s’imposent pour réduire la pression fiscale qui pèse sur les Français ?


Car oui, c’est bien la fiscalité qui fait s’envoler les prix de l’énergie et appauvrit les Français. Toutes ces taxes et surtaxes comptent pour plus d'un quart d'une facture de gaz et d'électricité, et plus de la moitié du prix d'un litre de carburant.


Cette hausse incessante des taxes est la conséquence des décisions gouvernementales, notamment en ce qui concerne les tarifs de rachat des énergies renouvelables. Répondant à des raisons idéologiques et sans réel impact sur nos émissions de CO2 (voir ma question au gouvernement sur le sujet), cette flambée de la fiscalité verte rapporte aujourd’hui davantage que l’impôt sur le revenu. Et encore une fois, ce sont les classes moyennes, notamment les habitants des zones rurales qui sont dans l’obligation d’utiliser leur véhicule pour se déplacer, qui en payent les frais.


L’État tente donc d’anesthésier les effets douloureux de ses propres décisions avec le chéquier des Français ! Ubuesque…. Sortons de cette politique du pansement, prenons enfin les décisions qui s'imposent et arrêtons d’opposer fin du mois à fin du monde !