Édito : Pour une écologie positive prenant en compte nos territoires ruraux [Avril 2021]


Le projet de loi Climat et Résilience a été au cœur des débats à l’Assemblée Nationale durant ce mois d’avril. Après un examen qui aura duré trois semaines, et avant son arrivée au Sénat mi-juin, il passera par un vote solennel dans l’hémicycle le 4 mai prochain. Avec ses 69 articles, ce texte issu des 149 propositions de la convention citoyenne pour le climat voulue par le Président vise à toucher tous les aspects de la vie quotidienne : se déplacer, se nourrir, se loger, consommer, produire, travailler ; le tout avec des mesures allant de l'interdiction de certaines lignes aériennes à la lutte contre les passoires thermiques, en passant par la régulation de certaines publicités ou le délit d'écocide.


Issu d’un territoire rural, la Picardie maritime, où les richesses naturelles sont l’une de nos principales ressources, je mesure la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences désastreuses. Pour la planète, pour nos enfants, il est urgent d’agir en recentrant nos actions vers la réduction de nos émissions de CO2. Cet objectif, nous devons nous l’approprier à tous les niveaux, aussi bien dans nos politiques publiques que dans nos comportements quotidiens.


À ce titre, je défends une vision positive de l’écologie, adaptée aux territoires. Malheureusement, même s’il apporte quelques avancées, ce texte s’oriente principalement vers une écologie punitive qui nous affaibliraient tous : une écologie de la taxation au détriment d’une écologie du pouvoir d’achat favorable aux français.


L’un des objectifs de ce texte illustre bien ce décalage : l’artificialisation des sols. Il est en effet prévu dans ce projet de loi de diviser par deux sur les dix prochaines années l'artificialisation des sols par rapport à la précédente décennie, et d'atteindre en 2050 l'objectif de zéro artificialisation nette. Un objectif ambitieux qui, à première vue, va dans le bon sens : il n’est plus acceptable de voir des pôles urbains, déjà bien trop importants, s’étendre encore davantage au détriment d’espaces naturels, agricoles et forestiers.


Pourtant, la réalité est bien différente quand il s’agit de nos campagnes. En effet, mettre en place une telle mesure, sans adaptation territorialisée, c’est stopper définitivement toute reprise de vitalité de la ruralité : pas de nouveaux lieux de vies permettant d’accueillir les familles désireuses de s’implanter à la campagne, pas d’opportunité pour les entrepreneurs souhaitant développer leur activité.


À contrario, depuis bientôt 20 ans, on artificialise sans état d’âme nos champs en autorisant l’implantation anarchique d’éoliennes qui viennent durablement polluer nos sols et défigurer nos paysages. Le constat est sans appel : le socle en béton d’une éolienne, c’est 600 à 800 mètres cubes de bétons dans le sol, ce qui représente en moyenne 900 mètres carrés de surface au sol. Un simple pavillon qui permettrait d’accueillir une famille et maintenir la vie dans un village, c’est en moyenne 100 mètres carrés d’emprise au sol. Un non-sens.


Sur le long terme, le problème est plus profond : si nous ne pouvons plus faire vivre nos campagnes, les gens seront contraints d’aller s’agglutiner dans les villes. Une concentration irrespirable qui sonnera le glas de la douceur de vivre à la française.


Je suis convaincu qu’il existe un chemin vers une écologie conciliant le bien-être des citoyens et l’impérative préservation de l’environnement. La transition écologique de notre pays doit s’appuyer sur les richesses de nos territoires ruraux et non les condamner. Pour cela, une seule solution : donner la parole et enfin entendre les habitants de nos campagnes.

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