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Édito : Pour une réforme des retraites juste [Janvier-Février 2023]


Le 17 février, à minuit, s’est terminé « l’examen » à l’Assemblée nationale de la réforme des retraites. Seuls 2 articles sur les 20 que contiennent le texte du gouvernement ont été étudiés.


Je regrette profondément cette absence de débat de fond sur un sujet aussi important. Ce déni de démocratie résulte de l’obstruction orchestrée par les députés d’extrême gauche. Cette stratégie fait pourtant le jeu du gouvernement et lui offre la possibilité de poursuivre l’examen du texte sans soumettre aux suffrages des députés des articles importants comme l’article 7 qui prévoit le décalage de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans.


Je condamne également les outrances, la violence et la haine dont ont fait preuves certains députés de la NUPES. De tels comportements n’ont pas leur place dans le débat républicain.


Sur le fond, et comme je l’ai rappelé à de nombreuses reprises ces dernières semaines, je considère qu’il est nécessaire de réformer les retraites pour sauver notre système par répartition. Alors qu’il y avait 4 actifs pour 1 retraité en 1965, il n’y en a aujourd’hui plus que 1,7. Le risque est de ne plus pouvoir garantir les retraites des générations futures.


Cette réforme doit donc permettre de pérenniser l’équilibre budgétaire de la retraite par répartition, mais elle doit aussi garantir davantage de justice au regard des nombreuses situations individuelles. Ce n'est pas le cœur de cette réforme qui laisse place à de nombreuses injustices.


Comment pourrait-on accepter que soient pénalisés ceux qui ont commencé à travailler le plus tôt, le plus durement et qui, bien souvent, ont les salaires les plus bas ?


Comment pourrait-on accepter que les carrières hachées des femmes ne soient pas mieux prises en compte, elles qui sont contraintes de partir à 67 ans ?


Comment pourrait-on accepter que la question de l’extinction des régimes spéciaux injustes ne soit réglée que dans 43 ans ?


Malheureusement, nous n’avons pas pu débattre de ces questions cruciales et ce projet de loi est, en l'état, inacceptable. Gageons que le Sénat le fera évoluer positivement avant le vote final qui aura lieu le 16 mars.


Dans un contexte de fortes tensions sociétales où se mêlent crise du pouvoir d’achat, de l’énergie ou encore des services de santé, les Français attendent une réforme qui ait du sens et qui soit juste.

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