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Débat national sur l'avenir de la mer : NON à tout nouveau projet d'éoliennes en mer au large de la côte picarde !


Alors que la Commission nationale du débat public faisait étape mercredi 21 février à Abbeville dans le cadre du débat national sur la planification maritime et l’avenir de la mer, du littoral, de la biodiversité marine et de l’éolien en mer, j’ai tenu à y apporter ma contribution.

 

Notre magnifique littoral picard est malheureusement déjà concerné par le parc éolien en mer au large du Tréport et de Mers-les-Bains dont la construction, unanimement contestée et combattue, a débutée en ce début d’année. On nous annonce désormais un nouveau projet, nommé Picardie-Opale, au large de la baie d'Authie, près de Fort-Mahon-Plage, Quend et Berck-sur-Mer.

 

STOP ! Notre département de la Somme a déjà très largement contribué à l’atteinte des objectifs en termes d'éoliennes ! Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de la Transition énergétique, l’avouait il y a encore quelques semaines : la Somme est le département le plus impacté par l'éolien et « on y a fait n’importe quoi » !

 

Entre destruction de notre patrimoine, mise à mal de notre économie et impact environnemental désastreux, l’analyse coût-avantage de l’implantation de nouvelles éoliennes en mer est sans appel : il est indispensable que tout nouveau projet ne voit pas le jour au large de nos côtes !

 

Ma contribution à ce débat stratégique autour de l'implantation des éoliennes en mer :


"Dans le contexte actuel où l'urgence écologique et l'inflation subie par les Français appellent une reprise en main de notre politique énergétique, le débat autour de l'implantation des éoliennes en mer est stratégique. Mais attention : toutes les énergies ne se valent pas quand on les soumet à une analyse coût-avantage.


Le premier coût de ce projet au large de la côte d'Opale n'est pas pécuniaire. C'est un coût immatériel, un coup porté à notre patrimoine commun qu'est la ligne d'horizon orientée vers l'Ouest, avec ses couchers de soleil si caractéristiques.


Pour rappel, les éoliennes en mer de Dieppe-Le Tréport actuellement en cours d'installation culmineront à 200 mètres de hauteur, une stature comparable à celle de la tour Montparnasse. Qui sait quelle taille atteindront celles de Picardie-Opale, en sachant que la surface concernée par le projet est quasiment équivalente alors que la puissance annoncée est considérablement supérieure ?


De deux choses l'une : soit ce différentiel de puissance se traduira par beaucoup plus d'éoliennes dans un même périmètre, soit par des éoliennes beaucoup plus hautes. Certaines éoliennes chinoises ou norvégiennes atteignent aujourd'hui 300 mètres, remettant en question l'équilibre entre développement énergétique et préservation visuelle des paysages maritimes.


La reconnaissance législative récente du concept de « saturation » du paysage vient souligner cette problématique. La Somme, déjà hôte de 10 % des éoliennes terrestres françaises, et les Hauts-de-France avec 30 %, sont l'objet d'une telle concentration qui donne lieu à un sentiment d'encerclement dont seul l'horizon maritime était jusqu'à présent protégé.


Le deuxième coût est économique. Dans nos régions reconnues mondialement pour la qualité de leur paysage côtier, l'attractivité touristique est un élément essentiel de l'économie. La beauté naturelle de la baie de Somme et de la baie d'Authie, leur caractère préservé et sauvage, pourrait être compromis par une industrialisation visuelle du littoral. Contrairement aux zones industrielles typiques de Dunkerque ou du Havre, nous ne pouvons pas nous permettre de prendre un tel risque. La saturation que nous venons d'évoquer est donc loin d'être anecdotique.


La pêche, activité économique vitale pour nos régions côtières, se trouverait également menacée. L'installation d'éoliennes en mer restreint les zones de pêche, ajoutant une contrainte supplémentaire à un secteur déjà confronté à de nombreux défis.


D'un point de vue industriel, la France, malgré son avancée dans le domaine de l'énergie, ne dispose pas d'acteur notable dans la fabrication d'éoliennes, contrairement à des pays comme l'Allemagne, le Danemark ou la Chine. Cette dépendance à l'égard des importations soulève des questions quant à la souveraineté énergétique et économique.


Concernant les finances publiques, si les énergies renouvelables ont représenté une source de revenus pour l'État, notamment depuis 2022, cette contribution exceptionnelle est uniquement due à l'inflation des prix de l'énergie. Autrement dit : on soutient les éoliennes quand les prix sont bas ; et quand les prix sont hauts elles nous remboursent d'un montant dérisoire au regard de la hausse globale subie par les Français !


Le troisième coût est environnemental. La question de l'affectation des recettes fiscales des éoliennes en mer, notamment en ce qui concerne le financement des mesures contre l'érosion littorale, demeure ouverte et le sujet d'un travail en cours du comité national du trait de côte. Il est impératif que les bénéfices fiscaux générés par ces projets contribuent directement à la gestion intégrée du trait de côte.


La perturbation potentielle de la faune et de la flore marines, particulièrement dans le périmètre protégé du parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale, appelle à la plus grande prudence. Les impacts sur les fonds marins, dus à l'installation des éoliennes et au déploiement des câbles, seront en tout état de cause massifs. Sans oublier l'impact sur les oiseaux migrateurs dont on sait qu'ils sont désorientés et percutés par les pales.


Au regard de tous ces coûts et externalités, l'avantage énergétique semble bien mince. Rappelons d'abord que l'énergie nucléaire, pilier de la production énergétique française, est déjà complètement décarbonée. L'intégration des énergies renouvelables, notamment l'éolien en mer, introduit une variabilité qui complique la stabilité du réseau électrique sans apporter de plus-value au niveau des émissions de carbone.


Mais surtout, avec un facteur de charge moyen de 40 %, l'objectif de 20 GW d'éolien en mer pour 2030 aboutirait à une production globale de 70 TWh à l'échelle du pays. Cette capacité peut sembler relativement faible au regard des milliers d'éoliennes – 2500 en toute vraisemblance – qu'elle représente. La même production pourrait être assumée par seulement 4 centrales nucléaires similaires à celle de Penly pour un impact paysager, environnemental et industriel infiniment moindre.


Pour toutes ces raisons, il est indispensable que ce projet ne voit pas le jour."


La mer en débat – contribution écrite
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