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TRIBUNE : « L’école rurale doit vivre ! » Pour la mise en œuvre d’un moratoire sur la fermeture d’écoles et de classes en zone rurale.



Comme chaque année, c’est en ce mois de février que se dessine dans tous les départements de France la carte scolaire pour la rentrée de septembre. Et comme chaque année, l’école rurale est un peu plus sacrifiée en raison de logiques comptables déconnectées des réalités du terrain.

 

Ma 3ème circonscription de la Somme, territoire profondément rural, en est malheureusement le parfait exemple : pas moins de 15 fermetures de classes - et pas une seule ouverture - sont envisagées pour la rentrée 2024.

 

La volonté de l’Éducation Nationale d’appliquer des critères qui aboutissent à cette accélération des fermetures de classes et d’écoles rurales est un non-sens dénoncé par tous, communauté pédagogique, parents d’élèves et élus locaux.


Alors que l’État reconnait que des classes de moins de 15 élèves présentent de meilleurs résultats, il continue de supprimer des postes dans nos territoires ruraux pour en doter d’autres, classés Réseaux d’Éducation Prioritaire (REP). Rappelons que si ce dispositif REP, conçu il y a près de 30 ans, était encore ouvert, de nombreux élèves ruraux bénéficieraient eux aussi d'un enseignement plus efficace et de classes dédoublées du primaire au collège.

 

Si la baisse des effectifs d’élèves touche autant le monde urbain que le monde rural, il n’est pas concevable que, lorsque les Directeurs académiques poursuivent dans le primaire le dédoublement des postes en zones urbaines denses, le monde rural subisse une approche comptable déséquilibrée. Il n’y a aucune raison pour que notre milieu rural ne bénéficie pas des mêmes moyens que certains autres territoires en tension.

 

Pourtant en 2021, l’État s’était engagé dans le cadre du programme « Territoires éducatifs ruraux » à « adapter l'action de l'éducation nationale aux spécificités locales et soutenir l'équité entre les territoires en différenciant l'attribution de moyens au regard des besoins locaux ».


J’avais d’ailleurs directement interpellé dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le ministre de l’Éducation nationale de l’époque à ce sujet, lui rappelant que « l'équité nécessite d'affecter des moyens supplémentaires à ces territoires en souffrance ». Monsieur Blanquer avait alors partagé mon diagnostic, affirmant que « nous devons faire quelque chose pour l'école rurale » et que « cela participe de la politique d'égalité des chances ».



Des paroles et des engagements qui, une fois encore, n’ont pas été suivis d’effet ! Pire, on continue, inlassablement, à réduire les moyens d’enseignements dans la ruralité. Une tendance qui semble même s’accélérer au vu du nombre croissant de contestations à ce sujet sur l’ensemble du territoire national.

 

L’État doit entendre ce cri d’alerte et repenser en urgence sa doctrine scolaire en milieu rural afin de conjuguer réussite des élèves et aménagement du territoire.

 

L’école rurale est une chance, conjuguant proximité et qualité de l’enseignement, ce qui contribue à l’épanouissement et à l’apprentissage des fondamentaux de nos enfants.


Il n’est pas possible de priver le monde rural de la présence d’une école contribuant au maintien et à l’arrivée de jeunes ménages. La dynamique économique et l’attractivité des communes rurales en dépendent au même titre que la présence médicale et le commerce de proximité. De fait, des solutions doivent être trouvées rapidement pour empêcher que les zones rurales deviennent des variables d’ajustement tant pour les directeurs d’académies que pour l’État, au profit des plus grandes agglomérations.

 

Considérant ces éléments, je demande instamment un moratoire sur la fermeture d’écoles et de classes en zone rurale.


Il en va de l’avenir de nos enfants et de nos communes qui participent au maillage de l’ensemble du territoire. Je défendrais dans les prochains jours à l’Assemblée nationale une proposition de résolution allant en ce sens.

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